🇷🇴Emmanuel Nadingar : « Soyons unis et forts pour rétablir une paix durable au pays »🇷🇴

👉L’ancien Premier ministre et homme charismatique politique tchadien, Emmanuel Nadingar a exercé dans les fonctions à la Primature de mars 2010 à janvier 2013. Proche de l’ancien Président Idriss Déby Itno et expérimenté à la formation politique MPS, il fut nommé Secrétaire général du mouvement en 2015. Il a été successivement Ministre de Défense, du Pétrole puis de la Décentralisation.
Emmanuel Nadingar mène activement une vie sociétale dans l’Ong panafricaine, la Fédération universelle pour la Paix (FUP) dont il est actuellement Président. A ce titre, il intervient régulièrement et publiquement pour appeler les tchadiens au dialogue face aux conflits intercommunautaires en rejetant le communautarisme. Il a été également nommé Président d’honneur de l’Organisation Panafricaine pour la Paix et la Résolution des conflits.Au cours d’une interview exclusive accordée au média électronique Tchad Actu, il s’est prononcé sur les sujets poignants tels que les conflits armés et intercommunautaires, l’extrémisme violant, l’enlèvement contre rançon, la cherté de vie puis l’épineuse question qui brûle les lèvres des tchadiens depuis belle lurette : l’insécurité et rétablissement d’une paix durable au Tchad.En voici la teneur avec notre reporter.
Tchad Actu : Quelles sont les préoccupations majeures de la Fédération universelle pour la Paix (FUP) ?👇👇👇
Emmanuel Nadingar : La primordiale
préoccupation de la Fédération universelle pour la paix est d’œuvre pour le retour respectif d’une paix définitive. Et pour y arriver, il faut que le tchadien accepte la culture de la cohabitation pacifique, la cohésion sociale, le vivre ensemble, le pardon et la réconciliation nationale, l’amour et le respect de son prochain. Ces concepts nommément cités précédemment sont en principe les clés de voûte pour le rétablissement d’une paix durable et définitive au Tchad. Raisons pour lesquelles les résolutions issues du Dialogue national inclusif et souverain (DNIS), du 20 août au 8 octobre 2022 basées principalement sur Le VIVRE ENSEMBLE ont pris des dispositions pour résoudre au moins les problèmes de conflits militaires et surtout ceux intercommunautaires, le phénomène de l’enlèvement contre rançon qui sont récurrents sur l’ensemble du territoire national. Malheureusement, le tchadien refuse toujours de s’unir, de cohabiter. Et pourtant l’union fait la force. Donc, pour que le tchadien respecte les résolutions issues de DNIS, le Gouvernement doit s’imposer.
Tchad Actu : Votre regard sur l’insécurité à l’Est du pays ?
Emmanuel Nadingar : Vous savez très bien comme moi qu’avec la crise politique survenue en Libye en 2011, nos frontières au Nord du pays sont poreuses. Les armes entrent facilement sur notre territoire national. Et les personnes de mauvaise fois, des brigands en ont fait usage de mauvais gré pour tuer. Puis l’avènement des conflits armés survenus aussi au Soudan en 2023 viennent aggraver l’insécurité à l’Est. Étant promoteur de la paix et médiateur panafricain, j’ai les larmes aux yeux quand je vois des civils, hommes, femmes et enfants massacrés comme des animaux. Donc, cette situation nous interpelle tous : Le Gouvernement, la population civile, les organisations de la société civile et les confessions religieuses.
Tchad Actu : Quelles sont vos propositions pour ramener la paix durable au pays ?
Emmanuel Nadingar : Devant toute l’adversité que nous avons aujourd’hui chez nous, nous devons œuvrer tous pour l’unité de notre pays. Nous ne devons pas nous décourager. Nous devons persévérer dans l’espoir de voir un jour la paix revenir. C’est là où nous allons trouver notre force pour faire face aux défis extérieurs et intérieurs. Car, l’unité de notre force doit nous aider à établir la paix dans notre pays. Puisque l’union est la seule condition sine qua non du développement. Si nous arrivons aujourd’hui à ces panoplies de problèmes, c’est parce que nos réactions sont parfois désordonnées et sentimentales. Regardons les vrais problèmes que nous avons présentement en face afin de trouver une solution politique, sociale et efficace. S’agissant de la pauvreté, nous sommes pauvres alors que nous avons des ressources et des potentialités. Il suffit seulement de se poser la question de savoir comment réorganiser nos ressources et nos potentialités pour sortir de cette pauvreté. Si nous voyons les défis économiques qui sont en face, Il est l’heure de penser à savoir aujourd’hui comment réorganiser nos ressources qui nous amèneront à être forts ensembles. Car, l’union fait la force. Voilà un peu mon souci en tant qu’homme politique du pays.
Tchad Actu : au regard de ce tour d’horizon sur la situation actuelle, quel est votre message à l’endroit du peuple tchadien pour une paix véritable et durable au Tchad ?
Emmanuel Nadingar : Vous m’aviez aussi demandé à savoir quelle solution que je pourrais trouver pour résoudre les problèmes conflits intercommunautaires et éleveur-agriculteur et problème foncier ?Face à tous ces problèmes dont vous m’avez demandé d’apporter des solutions idoines, la notion de cohabitation pacifique et de la cohésion sociale sont d’abord une question d’éducation à la base. Il faut être réaliste. Le problème d’eau par exemple qui conduit souvent au drame manque de la manifestation de la volonté de la communauté. Il faut savoir que c’est tout simplement un problème de gestion locale de l’eau. Il faudrait soit responsabiliser les gens comme les autorités traditionnelles qui sont issues des communautés respectives dans la localité et qui doivent s’entendre pour s’organiser à assurer la gestion de ces puits d’eau, soit multiplier les puits d’eau puisque la demande est plus forte que l’offre. Et le problème sera résolu. Cela permet aux uns et autres de ne pas s’affronter autour de ses besoins là. La question éleveur/agriculteur est très tangible. Les éleveurs doivent respecter la zone de transhumance. Et le cultivateur aussi doit respecter cette zone à ne pas y cultiver. Malheureusement l’incompréhension amène les deux communautés qui sont condamnées par Dieu à vivre ensemble à se regarder en chien de faïence. Et vu les conséquences immédiates de cette incompréhension qui sont tragiques et alarmantes, j’en appelle à la responsabilité des autorités compétentes à s’assumer. Et la paix reviendra. Voici mon message de persévérance et d’espoir pour le retour véritable de la paix au Tchad.🇷🇴
Golbé Augustin Calas



