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Espagne: Cinq ans de condamnation pour Inès Miranda pour malversation financière 

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Une accusation de malversations dans l'organisation des Journées du paysage entre 2016 et 2019 vise la conseillère du Cabildo de Gran Canaria, ainsi que six autres personnes. Le dossier se concentre sur la segmentation des marchés, l'existence d'entreprises intermédiaires et le présumé conflit d'intérêts.


La procureure anticorruption espagnole réclame une peine de cinq ans d'emprisonnement et une inéligibilité de dix ans pour Inès Miranda Navarro, conseillère en politique territoriale et paysagère au sein du Conseil insulaire de Gran Canaria. D'après les nouvelles dévoilées par l'agence EFE le 16 octobre, les charges touchent à des actes soupçonnés de détourner des fonds publics, de frauder l'administration et d'avoir une conduite fautive dans l'exercice de ses fonctions. Elle concerne quatre éditions d'un événement soutenu par l'autorité insulaire, les Journées du paysage.


Des marchés où les bénéficiaires auraient été pré-sélectionnés.


D'après le procureur, les individus incriminés auraient mis en place un dispositif visant à préfigurer les adjudications et à masquer l'entité qui procédait réellement à l'exécution des prestations. Des frais appartenant à un même groupe auraient été fragmentés en divers contrats de faible coût pour échapper aux exigences de publicité et de compétition. Il arrive également que certaines actions soient formalisées une fois les services exécutés, apportant ainsi une couverture administrative à des décisions déjà prises.


Imaco 89, dirigée par María Ángeles Horna Andrade, épouse du contrôleur général des dépenses du Cabildo au moment des événements, est au cœur de la procédure décrite par l'instruction. L'entreprise aurait orchestré les événements en recevant des financements par le biais de sociétés officiellement désignées comme attributaires des contrats. La relation conjugale entre la dirigeante et le directeur du contrôle financier représente l'un des principaux cas de conflit d'intérêts étudiés.


Les chiffres indiqués sont corrects : sur les 67 217,40 euros décaissés par le Cabildo au profit de l'Instituto Canario de Telecomunicaciones pour les années 2016 à 2018, environ 66 % soit 44 503,75 euros auraient été alloués à Imaco 89. Pour l'édition de 2019, Yedra Comunicación aurait réparti 14 924,24 euros à la même entreprise sur les 14 950 euros perçus, représentant ainsi presque 99,8 %. Ces transactions illustrent le parcours financier supposé ; on ne peut pas les considérer, dans leur ensemble, comme un dommage avéré.


Le dossier pose également la question des parrainages. D'après l'allégation, des revenus censés diminuer le coût imposé au Cabildo n'auraient pas été soustraits des montants facturés. Pour les éditions de 2017 à 2019, le dommage allégué s'élève à au moins 11 000 euros. De plus, le procureur sollicite que six personnes accusées compensent la communauté à hauteur de 15 717 euros.


Une chaîne de responsabilités supposées et sept individus


Inès Miranda est pointée du doigt en raison de ses compétences en matière d'autorisation et d'attribution de marchés. Rafael Luis Pedrero Manchado, qui a précédemment occupé le poste de directeur général de la politique territoriale, aurait élaboré les rapports qui justifient les procédures et aurait contribué à la répartition des dépenses. Víctor Manuel Quevedo Domínguez, en charge du développement stratégique du plan d'aménagement insulaire, aurait veillé à la supervision des contrats et accordé des recommandations favorables pour le règlement des factures.

Comme indiqué par l'enquête, María Ángeles Horna Andrade est présentée comme la coordinatrice réelle et une receveuse des opérations. Son mari, Sánchez Arencibia, ancien contrôleur général, aurait continué à participer à la gestion des dépenses malgré les enjeux économiques liés à sa femme. Michel Jorge Millares, associé à l'Instituto Canario de Telecomunicaciones, et Mónica del Pino Torres Rodríguez, PDG de Yedra Comunicación, sont accusés pour le supposé rôle de leurs entreprises dans les attributions et les rétrocessions à Imaco 89.
Un engagement à l'égard des milieux qui soutiennent le Polisario.
Inès Miranda est critiquée pour être associée à une figure appréciée des réseaux espagnols qui soutiennent les positions du Polisario. Depuis longtemps, la presse espagnole documente son rôle d'avocate pour Aminatou Haidar. En novembre 2025, Sahara Press Service a également mis en avant son rôle en tant que présidente de l'Association internationale des juristes pour le Sahara Occidental, lors d'une reprise d'interview axée sur ses opinions concernant ce conflit.


Cet engagement confère un résonance politique à l'affaire qui dépasse les frontières des Canaries. Il n'y a cependant aucune preuve que les fonds en question aient sponsorisé le Polisario ou des groupes qui le soutiennent. Selon les documents judiciaires examinés, aucun chef d'accusation de blanchiment n'est mentionné dans cette affaire, ni d'une cession en faveur du mouvement. L'existence d'un mécanisme financier pour le Polisario ne peut donc pas être déduite à partir des obligations politiques établies.


Cette situation fait suite aux reportages révélant l'effondrement d'Infravest dans les camps de Tindouf. En septembre, Yabiladi faisait état d'accusations de système pyramidal ainsi que des questionnements des résidents sur la responsabilité des autorités du Polisario. Ce dossier est séparé : il n'existe aucun lien financier ou légal avec les marchés des Journées du paysage selon les sources analysées.
La requête de sanction contre Inès Miranda représente une phase du procès, et non une sentence.

Antonio Morales, en sa qualité de président du Cabildo, a sollicité que soit observée la présomption d'innocence et que la procédure suit son cours. C'est à la justice qu'il incombera d'établir les responsabilités individuelles et la véracité des crimes attribués aux sept individus impliqués.