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Ciné-débat : Le cyber harcèlement, un mal qui détruit des vies

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L’Institut Français du Tchad (IFT) a accueilli, le mercredi 25 mars 2026, la projection du documentaire « harcèlement 2.0 » de la réalisatrice Aché Ahmat Moustapha. Plus qu’une simple diffusion, la soirée s’est transformée en un plaidoyer vibrant pour la sécurité numérique et la dignité des femmes au Tchad au cours d’un débat.
« Le harcèlement 2.0 » met en lumière le silence de ces nombreuses personnes qui sont harcelées et qui en souffrent en silence. Plus d’une heure de temps, les témoignages se sont succédé. Qu’il s’agisse des journalistes, actrices de la société civile, avocats, etc. tous convergent sur les aspects dévastateurs du cyber harcèlement. Bien qu’actuellement au Maroc, pour siéger dans un jury international sur un prix UNESCO, Aché Ahmat Moustapha a tenu à délivrer un message par la voix de ses collaborateurs : « Ce documentaire n’est pas un simple divertissement, c’est un miroir tendu à notre société ».
​Le débat qui a suivi la projection, modéré par Ghislaine Allahtaroum, a donné la parole à des figures de la lutte pour les droits humains et les acteurs médiatiques. Epiphanie Dionrang, de la Ligue Tchadienne des Droits des Femmes, a partagé son quotidien de militante. « Je ne m’excuse pas d’exister», a-t-elle lancé, dénonçant les messages de haine et les photos à caractère sexuel diffusées pour briser les femmes engagées. Elle a souligné l’urgence de protéger la santé mentale des victimes.
​Désinformation comme étincelle du harcèlement
​Pour Dénis Ngarndiguina, responsable du projet Sao Check, le lien entre fausses nouvelles et harcèlement est intrinsèque. Selon lui, la désinformation est souvent « l’étincelle » qui déclenche des vagues de lynchage numérique. Il a insisté sur la responsabilité individuelle : «Les réseaux sociaux ne sont pas un espace de non-droit. Nous devons apprendre à nous autoréguler et à sécuriser nos données personnelles ».
​Sur le plan juridique, les échanges ont mis en lumière les limites de la loi n° 009/PR/2015, révisé en 2022, sur la cyber sécurité et cyber criminalité au Tchad. Le texte prévoit des peines pour l’atteinte à l’honneur d’autrui. Selon Naoura Te-Iabe, de l’Association des femmes juristes, la difficulté réside dans l’identification des auteurs et la compétence territoriale des juges face à un crime qui n’a pas de frontières.
Enfin, Badoum Oumandé Henri, journaliste, a rappelé l’importance de l’éthique et la rigueur dans le traitement de l’information. À l’ère de l’instantanéité, il a exhorté ses confrères et les citoyens à redoubler de vigilance.
​Depuis sa sortie en mai 2025, le film a tout résumé en touchant le côté social, psychologique, juridique et religieux.